Pourquoi le « civisme » et la « citoyenneté » sont-ils devenus, depuis quelques années, des mots aussi largement diffusés, aussi populaires ? C’est évidemment parce qu’ils soulèvent le problème de notre avenir, indissolublement individuel et collectif. Ces deux concepts nous invitent à une prise de conscience, à une réflexion sur ce qui nous permet de vivre ensemble, sur les valeurs communes au nom desquelles on essaie de gérer les rivalités et les conflits qui opposent inévitablement les hommes. Le civisme et la citoyenneté se fondent en effet sur l’idée que, par-delà les différences et les inégalités, tous les hommes sont égaux en dignité et qu’ils doivent être traités juridiquement et politiquement de manière égale. Les individus concrets ont des références historiques,  croyances religieuse diverses, ils sont inégaux économiquement et socialement. Le dépassement de ces clivages et différences par l’idée et les institutions de la citoyenneté apparait à ce jour le seul fondement d’une organisation politique qui soit susceptible de les faire vivre ensemble en respectant la dignité de chacun d’eux.