L’Afrique a sa propre spécificité. Au-delà des personnages qui ont voulu nier le fait de l’existence des philosophies en Afrique, il est loisible de mentionner des auteurs qui ont mis en évidence des modes de pensées proprement africaines. Nous ferons mention de Placide Tempels et d’Alexis Kagame dans le cas du courant des philosophies ethnophilosophiques.

Dans le cadre du courant des philosophies idéologiques, nous ferons état des pensées de Paulin

Houtondji, d’Antoine-Guillaume Amo, d’Edouard Bryden, de Kwamé N’Kruma, d’Amilcar Cabral, etc.  Eu égard au courant des philosophies critiques, des formes de pensées de quelques africains se positionnant vis-à-vis des pensées d’autres philosophes seront mentionnés. Ils réagissent sur les propos des philosophes des deux premiers courants de pensées et soulèvent les limites de ces penseurs, c’est-à-dire la raison pour laquelle certains propos ne sont pas à prendre à la lettre mais selon l’esprit qui les constitue. 

Comme partie pratique de ce cours, nous illustrerons la réalité des philosophies africaines en nous plongeant dans l’étude de textes de Léopold Sédar Senghor, de Marcien Towa, de Paulin Hountondji, de Dibi Kouadio Augustin et d’Adou Koffi pour confirmer que la pensée est véritablement à l’œuvre en Afrique, comme partout ailleurs. Mais il faudra que chacun d’entre nous s’y mette en développant sa capacité d’écoute, de discernement et de critique, car ce sont ces mouvements de l’esprit qui impliquent la pensée. Celle-ci est la condition nécessaire d’une philosophie.